DMA et DSA : ce que ça change concrètement pour votre boutique PrestaShop en 2026

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Le sujet est abordé depuis des mois avec des mots parfois un peu barbares qui nous laisse à penser que cela ne nous concerne pas. Et pourtant, le DMA (Digital Markets Act) et le DSA (Digital Services Act) touchent de plein fouet les e-commerçants du quotidien y compris ceux qui gèrent une boutique PrestaShop depuis leurs bureaux.
Alors oui, ces deux règlements européens visent avant tout les géants comme Google, Amazon, Meta ou Apple. Mais leurs effets en cascade arrivent directement jusqu’au catalogue produits de toutes boutiques en ligne, de leurs stratégies publicitaires et de leur manière de collecter des données clients. Nous allons expliquer ici, ce qui change, pourquoi ça concerne les sites e-commerce de toutes tailles, et surtout quoi faire sur un site PrestaShop.

Petit rappel : Quand on parle de DMA et de DSA, de quoi parle-t-on exactement ?

Le DMA (entré en application le 7 mars 2024) s’attaque directement aux « contrôleurs d’accès », autrement dit, les très grandes plateformes numériques qui sont devenues des passages presque obligatoires pour accéder à internet ou vendre en ligne. Google, Amazon, Meta, Apple, Microsoft et ByteDance font partie de cette liste. Le but est d’interdire à ces géants de favoriser leurs propres services, d’utiliser les données des marchands tiers à leur profit, ou de verrouiller les utilisateurs dans leur écosystème.
Le DSA (pleinement applicable depuis février 2024), lui, est destiné à une cible plus large. Il concerne toutes les plateformes en ligne, des réseaux sociaux aux marketplaces, en passant par les boutiques d’applications. L’idée est simple, ce qui est illégal hors ligne doit l’être aussi en ligne. Il impose transparence, traçabilité des vendeurs et meilleure gestion des contenus ou produits illicites.
Ces deux textes forment aujourd’hui, avec le RGPD et l’AI Act, le socle de la régulation numérique européenne. Et 2026 est une année charnière : la Commission européenne procède actuellement à la révision obligatoire du DMA (prévue avant le 3 mai 2026), et les premières amendes significatives tombent, 500 millions d’euros pour Apple, 200 millions pour Meta.

Mais alors, en quoi ça concerne une simple boutique PrestaShop ?

Bonne question. Une boutique PrestaShop lambda n’est pas un « contrôleur d’accès » et ne sera donc pas poursuivi directement par la Commission européenne. Mais en utilisant chaque jour les services de ces plateformes régulées : Google Ads, Google Shopping, Meta Ads, Amazon Marketplace, Google Analytics… c’est là que le bât blesse.
Les règles changent pour les grands, et ça modifie mécaniquement l’environnement dans lequel tous évoluent. Voici les cinq impacts les plus concrets.

1. Vos données publicitaires : moins de ciblage, mais plus d’équité
Avec le DMA, Google et Meta sont contraints de limiter l’utilisation des données inter-plateformes pour le ciblage publicitaire. Concrètement, les audiences ultraprécises construites à partir des suivis des clients sur tous les sites tiers deviennent plus difficiles à exploiter.
Si l’on faisait du retargeting agressif via Google Ads ou Meta Ads, nous remarquerions probablement déjà une baisse de précision des campagnes depuis 2024. C’est réel, et ça ne va pas s’inverser.
Ce que ça implique pour PrestaShop : il devient urgent de travailler la base de données clients interne plutôt que de tout déléguer aux plateformes. PrestaShop dispose nativement d’outils CRM basiques, mais l’intégration de solutions comme Mailchimp, Klaviyo ou Brevo (ex-Sendinblue) vous permettra de construire une relation directe avec vos acheteurs, sans dépendre des algorithmes tiers.

2. Google Shopping et la visibilité de vos produits : une fenêtre qui s’ouvre
Voilà une vraie bonne nouvelle. Le DMA oblige Google à ne plus favoriser systématiquement ses propres services dans les résultats de recherche. Pour Google Shopping, cela signifie que les comparateurs de prix concurrents (comme Idealo ou LeGuide) doivent bénéficier d’une visibilité équivalente.
Pour les marchand PrestaShop, l’enjeu est double. D’un côté, Google Shopping reste incontournable et il faut y être présent avec des fiches produits soignées (titres précis, descriptions riches, images de qualité, prix à jour). De l’autre, les comparateurs alternatifs retrouvent de l’audience et méritent d’être explorés.
Il faut penser à vérifier que le flux produit PrestaShop est bien configuré et exporté proprement vers ces différentes plateformes. Des modules dédiés permettent de gérer les exports de façon automatisée.

3. Vendre sur Amazon Marketplace : de nouvelles règles du jeu
En utilisant Amazon comme canal de vente complémentaire à une boutique PrestaShop, le DMA concerne directement cette dite boutique. Amazon est désormais sous surveillance renforcée concernant ses pratiques de classement et de mise en avant des produits.
En théorie, les produits des sites e-commerce devraient bénéficier d’une plus grande équité algorithmique face aux produits « Amazon Basics ». En pratique, l’application reste progressive et les enquêtes de la Commission européenne sur Amazon sont toujours en cours.
Ce qu’il faut retenir : ne jamais mettre tous ses œufs dans le panier Amazon. La réglementation pousse dans ce sens d’ailleurs. Construire son propre canal de vente (sa propre boutique PrestaShop) est plus que jamais une stratégie solide à long terme.

4. Le DSA et les obligations en tant que vendeur en ligne
Là, ça touche plus directement les boutiques en ligne PrestaShop et autres. Si l’on vend sur des marketplaces (pas seulement lorsque l’on en gére une), le DSA impose que les informations soient parfaitement visibles et vérifiables par l’acheteur : coordonnées complètes, numéro SIRET, adresse physique, numéro de téléphone. Ces données doivent être accessibles depuis la fiche produit elle-même.
Sur une boutique PrestaShop, il faut en profter pour vérifier que les mentions légales et les informations vendeur sont complètes et à jour. C’est une bonne pratique en matière de conformité, mais aussi de conversion : un client qui sait à qui il a affaire est un client plus confiant.
Le DSA impose également une meilleure gestion des avis clients. Les faux avis, les avis non vérifiés, les systèmes de recommandation opaques sont dans le viseur. Si l’on utilise un module d’avis sur PrestaShop, il faut s’assurer qu’il distingue bien les acheteurs vérifiés des autres.

5. L’accès aux données clients : portabilité et transparence
Le DMA impose une portabilité des données pour les plateformes concernées. Si les clients de ces sites de commerce en ligne utilisent également Amazon, Google ou d’autres services régulés, ils peuvent en théorie récupérer leurs données et les transférer ailleurs plus facilement qu’avant.
Cela renforce l’importance d’avoir une base clients propre sur un site PrestaShop, avec un historique d’achats, des préférences et des données de contact bien gérées. C’est l’actif le plus précieux, et il doit rester entre les mains des e-commerçants et pas uniquement dans les serveurs d’une plateforme tierce.

Ce qu’il est possible de faire dès maintenant sur PrestaShop

Pas besoin d’un service juridique pour prendre de bonnes habitudes. Voici quelques actions concrètes :
Côté informations légales, faire le tour des mentions légales, CGV et informations vendeur. Elles doivent être complètes, à jour et facilement accessibles depuis n’importe quelle page de votre boutique. C’est basique, mais beaucoup de sites ont encore des failles à ce sujets.
Côté gestion des avis, avec l’utilisation d’un module d’avis clients, il est impératif de vérifier qu’il permet de distinguer les acheteurs authentifiés. Les avis non vérifiés sont de plus en plus regardés de près, à la fois par les régulateurs et par les consommateurs eux-mêmes.
Côté marketing, il est bon de commencer sérieusement à investir dans ses propres canaux de communication : newsletter, SMS marketing, programme de fidélité. Ce sont des outils que PrestaShop permet de configurer ou d’intégrer facilement, et qui ne dépendent pas des algorithmes des grandes plateformes.
Côté flux produits, par la diffusion sur Google Shopping ou d’autres comparateurs, il est indispensable de vérifier la qualité du flux : données complètes, images conformes aux spécificités, disponibilités à jour. Dans un environnement où la concurrence est plus équitable, la qualité des fiches fait la différence.
Côté cookies et consentement, même si c’est davantage du ressort du RGPD, le DSA renforce les exigences de transparence sur la collecte de données. Le bandeau de consentement doit être honnête, pas de cases pré-cochées, pas de dark patterns (pages ou messages internet trompeurs) qui poussent l’utilisateur à accepter sans vraiment le décider.

Une opportunité déguisée en contrainte

On a tendance à voir la réglementation comme une contrainte supplémentaire, une couche de complexité dont on se passerait bien. Mais le DMA et le DSA portent en eux une vraie opportunité pour les e-commerçants indépendants.
Si Google ne peut plus favoriser ses propres services, le référencement naturel de tous les autres sites a plus de valeur qu’avant. Si Amazon doit jouer le jeu de l’équité algorithmique, la présence sur toutes les marketplaces devient moins une loterie. Si les grandes plateformes publicitaires ne peuvent plus aspirer toutes les données croisées, la base clients maison de chacun vaut de l’or.
La dépendance aux géants du numérique a longtemps été le talon d’Achille des boutiques en ligne de taille moyenne. La réglementation européenne pousse, à sa façon un peu lente et imparfaite, vers un rééquilibrage. À chacun d’en profiter en construisant une boutique PrestaShop solide, autonome et bien documentée légalement.

Si on résume, le DMA et le DSA ne s’adressent pas directement aux petits et moyens e-commerçants. Mais leurs effets sur l’écosystème numérique sont bien réels : évolution des publicités en ligne, nouvelles règles de transparence, rééquilibrage des marketplaces. En anticipant ces changements sur une boutique PrestaShop, sur les fiches légales complètes, la gestion des avis, les canaux de communication autonomes, on transforme une contrainte réglementaire en avantage compétitif.
Pour tout besoin d’aide ou regard expert sur la conformité et les évolutions techniques d’une boutique en ligne, notre équipe est là pour vous accompagner au 09 54 43 67 20.

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